Voyage Marseille Venise

Voyage Marseille Venise

VOYAGE MARSEILLE VENISE PRINTEMPS 2013

Pourquoi ? :

Tel un enfant trop gâté par la Corse, la Sardaigne et les Baléares,  j ai voulu découvrir avec ma compagne, de nouveaux horizons méditerranéens qui,  après étude, se sont résumés par   Grèce ou Croatie ?

Notre voilier « recovery » un  oceanis 42 cc aussi lourd que confortable m’engageait, une fois arrivé au pays de nos rêves, à devoir y rester plus d une saison, bien loin de Marseille et du Cntl

Ayant la chance de naviguer plus de 4 mois par an, il fallait également concilier transport facile  et hivernage agréable

Où ?

Se fut le bassin de navigation croate avec en son centre  Zadar reliée  à Marseille (1H30) et à Paris (2H) par raynair 

Et pour l hivernage, Venise  à 50 milles en face de la Croatie, reliée au monde entier et à 1H15 de Marseille par Air France

La botte italienne présente également l avantage  de faciliter la relève d’éventuels équipiers grâce à Easy jet au départ de Nice  pour Naples, Rome, Venise et grâce également à Ryanair  (Marseille-Rome puis Rome-Bari ou Brindisi)

Comment ?

Convoyage  au départ de Marseille début avril 2013, arrivée à Venise début juin avec flânerie le long de la cote croate, de Hvar à l’Istrie, en mai

 A Venise mise à sec,  en  juin et juillet suivit d un retour pour trois mois en Croatie jusqu’ à fin octobre. Recovery hiverne à Venise et depuis nous lui rendons visite tous les mois

Quelle meilleure excuse que des batteries qui se déchargent ou une vanne potentiellement mal fermée  pour retourner flâner avec  l annexe sur la lagune ou le grand canal

Le coté pratique : avitaillement, telecom

GSM la totalité des côtes croates et italiennes sont couvertes. Depuis l entrée en juillet dernier de la Croatie dans l Europe, les tarifs ont été divisés par 10

Les opérateurs sont en Italie Tim, Wind  Vodafone et en  Croatie  Vip

La 3 G : Pour moi meilleure qu’en France, surtout pour la Croatie ( VIP) où le système de crédit est facilité par l achat de ticket codé que vous pouvez obtenir à l avance pour les montants désirés. Vous trouverez en Italie Wind, Tim et Vodafone

L avitaillement : Plus difficile en Italie, surtout à partir de Naples jusqu’à Vieste, se sont en général de très petites boutiques avec des produits de base  comme pate, riz, huile farine, sucre …

Dans les grands ports italiens, chercher les enseignes comme Billa, coop.  Les bons  fruits sont assez rares

La Croatie avec les chaines Konsum  proposent de grande superettes avec du choix, mais les marché sont superbes, attention,  dans les petits ports si les tarifs ne sont pas affichés, c est qu’il y a deux prix: le « local » et le « touriste »

Les restaurants

En Italie : expérience peu prononcée, mais agréable : la pizza n est plus  à présenter elle facilite le choix, nous en avons même commandé à Rocella où l’unité de mesure était le mètre linéaire !.

En Croatie, par rapport au coût  de la vie, le restaurant touristique Croate est cher, mais comme tout est relatif, il est d environ 30% moins cher qu’en France, sauf étonnamment  le poisson  qui est prohibitif

Particularité croate :  les restaurants au bord de la mer qui en échange de votre repas vous offrent une place de mouillage sur pendille ou corps mort

La navigation, dans sa globalité :

Restent ancrés agréablement dans notre mémoire  les iles napolitaines, le passage du détroit de Messine, le ballet des dauphins, l’ensablement des ports du sud italien ainsi que la gentillesse de ses habitants malgré la pauvreté perçue.

Par contre demeure également la « rudesse » des croates pour rester courtois et ce système de « quasi racket » qui caractérise leurs mouillages

La côte italienne se prête globalement peu au mouillage, sauf les iles toscanes, les iles de Naples (mais pas la ville)

Plus au sud, l ensablement empêche de s approcher de l abri des côtes

Les tarifs des ports et mouillages croates sont prohibitifs et n n’ont rien à voir avec le coût de la vie croate. Des concessions de corps mort sont octroyés principalement à des cerbères, sur de vaste zone et souvent tout autour d une ile ou sur les seuls endroits de mouillage possible

Si vous mouillez, vous payez comme au corps mort, environ trente euros. Le prix moyen d un port, même sans intérêt, se situe pour un 42 pied vers 50 euros, mais il faut envisager plutôt 70 euros, voir plus d une centaine dans les ports comme Dubrovnik ou Split.

Pour s y retrouver dans  ce maquis de mouillage payant, le guide des 777 mouillages est utile, beaucoup plus que le site du ministère des transports croates, qui donne une succession de points GPS difficilement exploitable. Le guide Imray  est trop détaillé, moins pratique, surtout pour la Croatie où les noms sont difficiles à mémoriser.

Il faut savoir que la Croatie pour développer sa plaisance a favorisé les marinas « ACI » plus chères mais en général bien tenues. Parfois, sur le quai municipal d’en face  (ex Skradin), le tarif y est 30 % moins cher

Avec l habitude, l on parvient à trouver des mouillages corrects et gratuits.

S il est normal de devoir participer à l aménagement et à l entretien des structures, la manière et le montant sont fort déplaisants, ceci d autant plus que vous êtes loin de votre port d attache et que l hivernage en Croatie suit la même logique : tarif prohibitif sans possibilité de dialogue avec les employés croates qui sortent de 50 ans de communisme et 10 années de guerre. Rien à voir avec la gentillesse et la capacité d adaptation des italiens qui savent répondre à votre demande. Ce qui sauve les croates sont la proximité de clients aisés sans espace marin : suisse, allemand, autrichiens. Leurs 1100 iles également ….Cerise sur le gâteau, une taxe annuelle d environ 400 euros pour un 42 pied est demandée lors de la première entrée dans les eaux. L’entrée dans la CE devrait aboutir à sa suppression

La navigation en pratique :

Italienne : atterrissage à Elbe après un Marseille Calvi. La cote italienne NO présente de nombreux mouillages souvent dans des baies ou derrière des caps qui protègent des vents de terre. La baie de Naples et ses nombreuse iles offrent également de nombreux abris quelles que soient les conditions.

Après le sud de Rome, les fonds commencent à s ensabler à cause des tempêtes de SO et les cartes ne sont plus fiables, systématiquement après Régio di Calabre. Il est alors utile d’avoir un bloc côtier » azzuro » et/ou  de consulter google earth pour l’entrée d un port car l’ensablement n est pas signalisé localement.

L autre particularité du « dessous de la botte » est la fermeture quasi systématique des stations de carburant. Cela génère une noria de quidam qui a chaque entrée de port vous propose des bidons de GO ou essence. Si vous êtes à sec, négociez plutôt un accompagnement du remplissage de leurs bidons avec leur voiture.

La gentillesse des italiens du sud est d autant plus marquante qu’ils ne semblent pas avoir grand chose matériellement à partager. Et pourtant, toute demande de renseignement sur le supermarché le plus proche se terminera par un tour de voiture gracieux, difficile à refuser

L entrée et la navigation en Croatie  n’ont rien de spéciales, sinon  du coté administratif car  un port d entrée spécifique et direct est obligatoire, sous peine de se voir conduire au tribunal où vous écoperez d une amende. On trouve de nombreux témoignages sur Dubrovnik  et son abri naturel les bouches de Kotor

Avec ses 1100 iles, la navigation en Croatie est plutôt agréable à tout point de vue :

Géographiquement, le centre de la côte Croate ( à plus ou moins 50 miles N/S de Zadar) est formé d une multitude d’iles qui permettent toujours de s abriter sous le vent

Le sud de la cote présente de grandes iles (Hvar, Brac, Korcula) dont il est plus long de faire le tour afin de passer sous le vent

L Istrie, au nord n’ a pas d iles  et la protection en cas de vent marin n’est possible que dans les ports, sauf au sud de Pula

Les dangers sont biens indiqués et répertoriés ; par contre les cartes des traceurs sont imprécises sur les isomètres et il est difficile d anticiper la profondeur et donc la qualité du mouillage que l on trouvera

La météo en pratique :

Concernant les conditions météo, nous avons été chanceux : un mois de navigation de jour, 1150 milles soutenus par seulement 120 h de moteur, pas  de coup de vent venu de la mer. Par contre, les orages en mer adriatique sont soudains et très violents.

Le premier a porté l anémomètre en quelques minutes de 15 nœuds de face  à 60 nœuds à la cape, mais la mer n a pas eu  le temps de se former.

Par contre, le second, de nuit au mouillage a été terrifiant. Dès les premiers signes, il est préférable d avoir son mouillage prêt à être levé, car  en l’occurrence deux ancres empennelées avec 70 m de chaine et un  orin n ont pas été gage de tranquillité..

En Croatie les vents que nous avons rencontrés, de mai à septembre sont en général très réguliers, aussi bien en force que direction : ils se lèvent vers 11h, de nord et s arrêtent au coucher du soleil. Les vagues cessent une heure ou deux après

La bora petite sœur  de notre mistral à le même comportement, soufflant irrégulièrement de terre, mais de nord est. Elle est à redouter dans le canal de Velebit

Venise et la Marina « Vento di Venézia « 

Située en face de l’arsenal, sur l’ile de la Certosa la marina est très bien tenue et les postes sur catway. L’hivernage est idéal car très bien protégé des vents et il n y a aucune vague. La liaison avec Venise qui est à environ 400m se fait par vaporetto. L’annexe est à priori autorisée dans tous les canaux, sauf le grand canal. Seul serait interdit le stationnement. Par contre le canal de la Giudecca, en face de la place saint Marc est agité par les va et vient incessants des taxis, vaporetto, ferry, pompiers, ambulances… et l’annexe ne doit pas être trop petite ou chargée.

L été, la liaison se fait directement  avec l’aéroport en 30mn, le seul arrêt étant Murano. En hiver, c’ est un peu plus compliqué car un changement est à faire.

Les tarifs sont très corrects pour une longue durée, et même en période de pointe (65 euros, eau électricité en sus). Pour indication Sudoka, marina croate au milieu de nulle part est à 71 euros.

 

Journal de navigation Italie, escales les plus intéressantes

7 avril 2013, départ de Marseille

9 avril, atterrissage à Calvi, nuit au mouillage à Machinaggio, 47 nœuds de mistral

11 avril, atterrissage à Elbe après déblocage de l enrouleur de GV

13 avril Mouillage dans la jolie baie de  Porto San Stephano, haute presqu’ile

15 avril, dépose de mon équipier à Civitavecchia, les suivants seront à Naples

17 avril, beau mouillage dans la baie de Porto Santa Maria (rada di Gaeta)

18 avril cap sur Ischia,  deux hélicoptères de la Guarda civil, me survolent à une cinquantaine de mètre, en stationnaire. Impressionnant.

Après m avoir observé pendant une trentaine de minute  à la jumelle, sans réponse à mes appels interrogatifs sur le 16, ils s’éloignent.

En reprenant mes esprits, j ai pensé que c’est mon transpondeur Ais localisant un voilier français qui les avait attirés

Très beau mouillage  à Ischia, au pied du château Aragonais dont la digue fait un abri parfait

20 avril après 3 nuits à Ischia, direction Naples pour y  reprendre 2 équipiers. Il y a peu de possibilité de mouillage ou de port à Naples. Celui du château de l’œuf est superbe mais à plus de 100 e en avril. L autre, plus à l ouest ,à hauteur de Pozzuoli semble bien tenu, mais loin du centre, ce sera donc un nouveau mouillage  dans la ravissante baie à l aplomb de Posillipo

24 avril, le temps se gâte, la veille vent soutenu de terre avec une tornade à quelques centaines de mètres Après une dizaine de minutes, elle se désactive par le bas.. C est ma première, la seconde sera un mois plus tard en Croatie.

Nous avons passé la nuit au mouillage devant le port de Cetrano par 30 nœuds, de terre. Malgré deux ancres et 70 m de chaine, dérapage doux toute la nuit sur le sable. Le deuxième GPS, portable est très pratique, son alarme permet de savoir que l on dérive, mais aussi à quelle vitesse et où.

Lassés, nous levons l ancre, le vent forcit à 49 nds, très irrégulier en force et direction ; Nous passons plusieurs fois du moteurs aux ris. Cette zone correspond à la plus petite largeur de l’Italie 50 km entre les 2 cotes, d ou l’aérologie si particulière

25 avril Detroit de Messine !!! Vent 30 nds et courant de face, après une première tentative, nous nous abritons dans le port de Bagnara où l absence de vent et la tranquillité des locaux nous incitent à repartir

La seconde sera la bonne, mais à 2500 tours nous devrions faire du 7 nds et plafonnons à 1nd. Après 3 h de slalom entre les tourbillons, les ferries assurant la navette entre Italie et Sicile, nous voila à Régio di Calabre.

La profondeur du détroit et les émotions nous incitent à passer notre première nuit au port depuis le départ de Marseille.

Plus de 700 miles et 20 nuits au mouillage, sans arrêt dans un  port, ceci grâce au groupe et au dessalinisateur, le confort a du bon.

Regio n a aucun charme, 50 euros pour un port très sale, sans possibilité d’obtenir du carburant (durant les 100 milles suivants, toutes les stations seront fermées) Mais avec Messine, c’est le seul port de cette région, peu favorable aux mouillages

26 avril Début des problèmes d ensablement, l entrée vers 23 H dans le port de Roccella est surréaliste, avec un banc de sable brillant au clair de lune, en plein milieu de l entrée du port. C est un grand port, sans ville autour, à priori réalisé par les subventions européennes,  jamais terminé et gratuit.

27 avril Cap sur le port de Crotone, accompagné par des dauphins pendant plusieurs heures, qui se chamaillent pour profiter de la vague d étrave.

Le lendemain, nous faisons le plein de GO et heurtons en sortant notre premier banc de sable. Pour info, ne pas chercher à reculer, la pointe  arrière de la quille s y opposera, utiliser le propulseur pour faire 180 ° et profiter alors de l’arrondi du bulbe et du chemin initial

28 avril Crotone à Santa Maria di Lucia,

 70 miles à 7nds de moyenne, arrivée de nuit classique : touché un banc de sable malgré les yeux rivés sur le sondeur et les deux GPS.Uun pécheur nous remet dans le droit chemin. Lors de la manœuvre de prise de place, l’hélice se prend dans une pendille : Le port est tellement ensablé qu’une pendille tendue n’est pas loin de la surface, même 15 m à l’avant d’un bateau à quai.

Surprise le lendemain pour dégager la pendille : le port est infesté de méduse ressemblant à d énorme vers de plusieurs mètre de long. Tarif du port 18 e

29 avril Ostende : enfin  un port avec de l’eau sous la quille, et ce pour 20 e !

30 Avril Brindisi, premier grand port de l adriatique, tout au fond d’un grand complexe pas de mouillage possible . Tarif 43 e pour le club « léga navale » 27 pour le quai en face, coté ville .Aéroport international

3 Mai Port de Monopoly, amarrage de nuit le long de la jetée, gentillesse des habitants

5 mai Bari, très laid, aéroport international, centre camping gaz. Tarif 45 e

6 mai Trany Ravissant port touristique, très animé, mérite une visite

7 mai Vieste, dernier port italien avant la traversée de 70  miles vers la Croatie. Premier orage de l’adriatique : le vent passe de 10 à 70 nds en quelques minutes, heureusement la mer n a pas eu le temps de se lever

8 mai Traversée pour la Croatie, arrivée sur l ile de Lastovo où nous ferons les formalités d’entrée.

Google+