Croisière


La commission croisière se réunit en fin de journée tous les premiers jeudis de chaque mois au restaurant du CNTL .
Ces réunions sont ouvertes à tous les membres du C.N.T.L et sont suivies d’un repas pour ceux qui le souhaitent.

Elles nous permettent de partager nos expériences nautiques et nos savoir faire dans tout ce qui touche à la croisière.

Nous programmons régulièrement des sorties en mer et autres autour de thèmes différents.

Notre philosophie repose avant tout sur la convivialité,le partage et la bonhomie.

 

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Rêve d’Atlantique

Rédigé par le 26 août 2014 dans Commissions, Croisières, Voyage de sociètaire, Voyage des Sociètaires | 0 commentaire

En ce matin du 26 novembre 2013 la bonne mère fait tomber quelques larmes de pluie sur Marseille, Marseille qui a mis son manteau gris des mauvais jours. L’hiver pointe son nez et c’est ce moment que nous avons choisi pour larguer les amarres réalisant enfin le rêve de toute une vie. Les Amis sont là, on retrouve chez chacun des sentiments différents, tristesse, envie, joie, soucis mais chacun a le sourire et fait contre mauvaise fortune bon cœur.

Tout a commencé il y a quarante ans dans le laboratoire de prothèse de la faculté de chirurgie dentaire de Marseille, au Pharo, quoi de plus normal la faculté surplombait le vieux port où sont rangés sagement les objets de tous nos désirs.

Cinq années ont passées, la décision est prise nous nous lançons dans la construction amateur. De longues heures de discussions, aidé en cela par André MAURIC, nous achèterons des coques pontées signées d’un grand nom. C’est en Angleterre à Penryn exactement (en Cornouailles) que nous tomberons en extase devant le prototype d’un nouveau chantier, le Condor 37, un plan STEPHENS. C’est le coup de foudre, nous essayons le bateau deux jours de suite, c’est lui.Daniel est là, devant son établis, blouse blanche et coiffure afro. Dés qu’il commence à parler mer et bateaux ses yeux s’illuminent. Entre deux prothèses on parle bateau, il a un corsaire qu’il va changer pour un Samouraï avec comme projet faire des régates, je serai son équipier. Qui aurait pu imaginer à cet instant qu’une Amitié hors pair aller naître.

Je retourne voir André MAURIC pour lui montrer les plans et avoir son avis, il confirme notre choix. La négociation (en Anglais) avec le chantier m’incombe, cela va être rude, mais j’arrive a nous faire offrir les moteurs, et a avoir presque tout l’accastillage de pont au prix chantier.

En Février 1979 les deux coques arrivent à la Penne (chez moi) où nous avons aménagé un chantier. Les coques sont sur une dalle en béton, elles sont reliées par une plateforme sur laquelle on se rend par une échelle. Jouxte au chantier une grange de 160 M² qui sera notre atelier.

Après avoir sué sang et eau, traversé des tourmentes familiales (bien souvent le bateau n’est pas «  le bonheur des Dames »). Nous avons tout conçu, presque tout réalisé, mille merci à ceux qui ont cru en nous et nous ont accompagné un petit bout du chemin. C’est après 17 ans que la mise à l’eau se fera le 4 Avril 1996.

Corbière, les deux bateaux sont là sur le quai, ils attendent avec impatience de rejoindre la Grande Bleue, tous les amis sont là, les familles aussi avec plus ou moins d’enthousiasme (je parle pour moi). Il y a du retard les gens s’impatientent, et puis ça y est Gran Cap sera le premier à toucher l’eau, sa marraine (la Maman de Daniel) est toute émue au moment de casser la bouteille sur la pièce d’étrave. Puis se sera au tour de Penryn d’être baptisé par mon amie Geneviève. Ils flottent, aprés vérification, tout est Ok, nous pouvons lancer l’apéro prévu pour souhaiter ça. Un grand moment de bonheur, ça y est on va pouvoir en profiter……. enfin presque.

Les bateaux sont à l’eau, mais il faut encore les mâter et les préparer pour leur première traversée, l’Estaque le vieux port où nous attendent deux places côte à côte. Nous n’osions même pas l’envisager, avoir chacun une place au vieux port faisait partie de nos espoirs, mais dans le même Club et en plus côte à côte. Merci à ceux qui ont oeuvré en ce sens, profitant d’un concours de circonstance sur mesure.

Le bateau a occupé notre vie presque en permanence, il ne se passait pas deux jours sans que l’on se voie ou que l’on se parle, nous partagions également nos vacances avec les deux bateaux. Au Club les gens étaient tellement habitués à nous voir ensemble qu’un grand nombre pensait que nous étions parents, beaucoup nous appelaient « les frangins ». Je dois dire que Daniel est le frère que j’aurais aimé avoir, avec qui on partage tout, la joie, les peines, de voir l’autre bien est un bonheur pour l’autre, et une souffrance dans le cas inverse. Nous avons bien sur d’autre Amis, de vrais Amis mais Dan et Miche c’est autre chose.

 

L’idée de partir avait été mise en sommeil, dans le projet originel nous devions partir ensemble mais avec deux bateaux et en couple ou en famille. La donne à changé, ainsi va la vie. J’ai eu des problèmes de santé, l’age aidant nous n’étions plus les fringants marins du début. L’idée a germé petit à petit, jusqu’au jour où nous avons soulevé la question simultanément «  et si nous partions ensemble, entre hommes, avec un seul bateau ». C’était maintenant où jamais, Daniel allait avoir 70 ans et moi 65. Nous sommes arrivés à la conclusion suivante, aujourd’hui on peut encore le faire, faisons le.

 

Michel

Le Poisson au Gros Sel

Rédigé par le 25 août 2014 dans Commissions, Croisières | 0 commentaire

 

 

Au Fil des CNTL L Mag, la commission croisière vous dévoilera ses secrets de Cuisine.

Pour commencer, voici une recette au gros sel.

 

Voyage de Kalina en Atlantique

Rédigé par le 23 août 2014 dans Commissions, Croisières, Voyage de sociètaire, Voyage des Sociètaires | 0 commentaire

Traverser l’Atlantique n’a rien d’exceptionnel mais reste quand même une aventure pour tout plaisancier de base, surtout la première fois.

Pourtant tout est simple : il faut un bateau bien préparé, des amis décidés à traverser, et une date de départ…

A partir de là, tout s’enchaîne, s’accélère jusqu’au jour où la météo nous offre une possibilité de tout larguer. 

Pour nous le départ du CNTL s’est fait par un petit matin d’hiver gris et humide, après un coup de vent d’Est en atténuation (théorique). 900 milles devant, l’étrave avant Gibraltar.

Un bon vent d’Est et une forte houle nous cueille à Planier et, après l’excitation des préparatifs de départ, la mise en condition de navigation est brutale…

A bord la vie s’organise : premier quart de nuit dans une atmosphère fraîche et humide, mais nous descendons vers le Sud et tout va s’améliorer !!!

Au portant, Kalina bien équilibré est sur un rail, nous plongeons entre les Baléares et l’Espagne, toujours dans une grosse houle d’Est. Un timide soleil apparaît, nous mettons les cannes à pêche à poste.

Premier départ de ligne dans un sifflement caractéristique et un cri : « ralentis le bateau on va le perdre !

Au portant, 25 nœuds de vent, grosse houle, vitesse à 8 nœuds… Ces pêcheurs sont impayables ! On met le bateau à la cape, foc à contre, pour pouvoir enfin remonter un joli thon de quatre à cinq kilos ; ce fut très agité mais le résultat culinaire valait bien une petite manœuvre.

Nous doublons le cap Cabo au sud de l’Espagne pour entrer en mer d’Alboran .

Cap à l’Ouest vers Gibraltar sur une mer calme qui contraste avec les jours précédents.

Le soleil est lui aussi de la partie.

Et comme chaque fois sur cette zone, nous avons la visite en rase motte du bimoteur des Douanes pour identification du bateau : nous nous sentons moins seuls…

Nous continuons vers les colonnes d’Hercule dans une mer calme.

Une nuit, les dauphins autour du bateau nous ont offert un véritable ballet fluorescent «; le spectacle de leurs sillages, tout en arabesques lumineuses nous a scotché sur les filières pendant plusieurs minutes, puis brusquement, à un invisible signal, les artistes ont disparu dans les profondeurs, nous laissant en vain scruter l’eau noire autour du bateau.

 

GIBRALTAR 

Au petit matin majestueux, le  »rocher » se découvre surmonté de son nuage avec, à ses pieds, une multitude de tankers au mouillage. Qu’attendent-ils ?

Nous doublons le phare de l’Europe, extrême pointe sud du continent, et entrons en baie d’Algesiras, vaste repaire de toutes sortes de bateaux, la plupart au mouillage.

Marina de Gibraltar, amarrage au ponton dit  » d’Accueil  », et refus des autorités anglaises de nous accorder la clearance sous le prétexte d’une arrivée trop tardive !!!!

Accueil glacial, quelque peu hautain, voire méprisant, nous avons compris que nous n’étions pas anglo-saxons… Napoléon avait raison.

Nous traînons les pieds pour repartir et, la nuit venue, allons en douce nous amarrer au ponton à carburant (malin les petits frenchies…)

2 heures du matin :

Hurlement de sirène, illumination du bateau par un énorme projecteur, hurlement d’un garde-côte dans son mégaphone, manifestement très mécontent et irrité de nous voir encore là.

Nous jouons (facilement) les ahuris, mais tout dialogue est impossible, l’administration anglaise n’apprécie pas notre manque de fair-play !

Nous larguons donc les amarres et repartons escortés jusqu’en zone espagnole par le bateau des garde-côtes qui attendra que nous ayons mouillé pour repartir (ils n’avaient plus confiance…). Nous revoilà en Europe.

Retour le lendemain à la capitainerie, clearance accordée pour la journée seulement, visite de la vieille ville et de sa grande place fortifiée datant de 1730 ; nous sommes bien en Angleterre avec ses bobbies et ses cabines téléphonique rouges.

Par manque de temps nous ne pourrons voir les petits singes magots qui ont colonisé le Rocher et sont devenus une véritable attraction touristique.

Seul un petit singe en peluche, souvenir de notre passage nous accompagnera désormais dans nos traversés.

Départ par temps calme de la marina au moteur par grand beau temps, nous sortons de la baie d’Algésiras. Face à nous à quelques milles, les montagnes marocaines sortent de la brume.

Cap plein Ouest, au milieu du courant de marée, nous longeons sagement la côte espagnole dans la zone de navigation qui nous est réservée sur le rail.

Progressivement nous quittons notre Méditerranée, nous éloignant des colonnes d’Hercule pour entrer en Atlantique.

A bord nous passons en Heure TU.

Le spectacle de tous ces bateaux montant et descendant le détroit en file indienne, de façon ininterrompue, est impressionnant d’autant qu’il va falloir le traverser…

Pour l’instant nous longeons la côte sud de l’Andalousie, sierra désertique sans doute mais dont le charme certain est maintenant défiguré par des champs d ‘éoliennes s’étendant à perte de vue, et dont nous avons maintenant sous les yeux le spectacle affligeant..

Nous doublons le phare de Tarifa et sur notre bâbord se dessine au loin le cap Spartel, extrémité ouest de la côte africaine.

Il va falloir maintenant basculer dans le sud-ouest et traverser le rail ; il fait encore jour, c’est le moment : la nuit l’exercice est beaucoup plus périlleux.

En fait, c’est très simple : se rapprocher progressivement à quelques mètres de ces monstres, se laisser doubler, couper rapidement l’axe de progression sur l’arrière de l’un d’eux tout en surveillant le suivant. Impressionnant, car l’étrave d’un tanker vue de face avec sa moustache d’écume force le respect… Et recommencer dans l’autre sens.

Nous longeons maintenant les côtes marocaines et à la nuit tombée s’allument les feux du cap Spartel (quatre éclats blanc toutes les vingt secondes) que nous doublerons tout en nous éloignant des côtes fort inhospitalières à cet endroit.

Nous voilà reparti pour 900 milles jusqu’à Grand Canarie.

Nous reprenons notre rythme de navigation.

Une grosse houle déboule du nord-ouest, suite à des trainées de dépression au nord de notre zone ; le vent ne va pas tarder.

Effectivement 30/35 nœuds au grand largue, réduction de voilure, le bateau est sur des rails : le pied ! Cette houle est impressionnante mais, sans déferlante, elle ne présente pas de danger.

L’océan se creuse derrière Kalina, rattrape le bateau qui se soulève et plonge en accélérant tout en dérapant légèrement de l’arrière, grisant !

On a une impression d’être porté comme un fétu de paille malgré nos seize tonnes, le spectacle sur 360° est magnifique.

Cette grosse houle qui enfle et se creuse alternativement donne vraiment l’impression, sur cette grande distance, que l’océan respire : impressionnant et beau à la fois.

Nous avançons à bonne allure en route directe vers les Canaries, tout va bien.

La température s’améliore au fur et à mesure de notre route vers le Sud ; le soleil est là, chacun vaque à ses occupations, sieste, lecture, jeux de cartes, quart, manœuvre en attendant le repas… moment capital en navigation.

La cuisine à bord est le domaine de Gérard dit « le cook » qui, imperturbable et d’humeur toujours égale par tous les temps, a su nous préparer de copieux et délicieux repas.

Qui ne se souviendra d’un mémorable aïoli au milieu de l’Atlantique venant agrémenter de gros filets de dorade coryphène, en lieu et place de la morue difficile à pêcher sous ces latitudes…

Par 32°10’N – 11°13’W, les dépressions au-dessus de nous ne nous quittent pas, 25/30/35 nœuds de portant.

Météo : mer grosse, ciel couvert, pluie, rafales de vent à 40 nœuds, quelques départs en survitesse, l’océan a sa couleur gris sombre des mauvais jours. Au petit matin, le ciel se dégage, le soleil apparaît, le vent tombe légèrement, un calme relatif s’installe ; quelques oiseaux sont de passage, dans la journée nous avons la visite des dauphins mouchetés, endémiques en Atlantique.

Ces visites sont des moments de plaisir toujours renouvelés en navigation, nous ne sommes pas seuls sur l’océan.

Plus que 200 milles avant Las Palmas, l’heure d’arrivée se précise.

Quelque trente heures plus tard, Grand Canarie se dévoile à l’horizon, d’abord par son chapeau de nuages puis, sortant progressivement de la brume, les contours de l’île se précisent ; mais comme toujours en mer, un long moment de navigation nous sépare encore de l’avant-port et du plaisir de l’arrivée.

Car soyons francs, après 900 milles de houle, l’arrivée à quai est toujours un agréable moment dans la vie du marin !

A la tombée de la nuit nous nous amarrons au ponton du port de Las Palmas de Gran Canaria.

 

LES CANARIES

Le lendemain, grand soleil, calme, visite de la ville, nous flânons sur la promenade qui longe la magnifique playa de las Canteras sans oublier de visiter le parc Doramos, un peu de vert après quinze jours d’océan…

La marina de Gran Canarias, étant devenu une escale incontournable avant de traverser, offre tous les services aux plaisanciers en partance vers les Caraïbes ; cela se traduit dans la journée par une intense animation sur les quais, se prolongeant le soir sur les bateaux, souvent fort tard dans la nuit.

Quelques amitiés se créent…

Nous passons quelques jours agréables à nous occuper du bateau, de l’avitaillement, attendant une météo favorable pour partir.

Régulièrement, nous sommes sollicités par des bateaux-stoppeurs qui arpentent les quais à la recherche d’un embarquement.

Certains arborent des tenues folkloriques leur donnant l’allure de corsaires, cheveux tressés, boucles d’oreilles, pantalon à mi- mollet, pieds nus, de bons bougres sans doute et descendant je pense de Christophe Colomb qui, il y a cinq cents ans, a lui aussi fait escale à Grand Canarie.

Demain, nous partons pour 18 à 20 jours de traversée…

Après avoir longé la côte est de l’île sous bonne brise de nord-est 20/25 nœuds, nous plongeons vers le Cap Vert que nous n’aborderons pas mais laisserons à l’est de notre route. COS :180, Vitesse fond : 8 nœuds.

Dans la nuit, nous n’avons pas encore débordé le sud de l’ile que nous sommes cueillis par le vent est-nord-est, force à 35 nœuds, mer forte qui déferle parfois.

Voilure réduite, nous repartons d’un bon pied !

 

L’ATLANTIQUE

Trois jours de bon vent.

Notre choix de route est de descendre sur le 16e parallèle dont nous sommes environ à 600 milles, parallèle que nous comptons atteindre en 4/5 jours, si tout va bien.

Quelque temps plus tard, le vent se calme, passe à l’Est 15/20 nœuds ; l’océan ondule légèrement, grand soleil et chaleur : le rêve… mais sur notre traceur de route, l’icône représentative de Kalina s’enfonce désespérément dans la magnifique couleur bleu nuit des fichiers Grib, laquelle est synonyme de vent nul.

La pétole noire est sur notre zone.

Les prévisions météo indiquant du vent au Nord de notre zone, nous quittons notre route directe vers la Guadeloupe et, au moteur, allons chercher le vent plus au Nord.

Apres 48 heures de moteur, le vent réapparait progressivement, mer belle ; nous renvoyons toute la toile, appréciant à nouveau le silence troublé seulement par le chuintement de l’eau le long de la coque et le claquement des voiles, car nous avons « chargé » : spi, grand-voile haute, artimon et foc d’artimon.

La mer défile et Kalina a sorti sous l’étrave sa moustache d’écume…

La vie est belle, la pêche est bonne et, surprise, à notre latitude en plein milieu de l’Atlantique, nous assistons à la montée progressive de la température de l’eau : 23/24° C, bien plus que celle de l’été sur nos plages.

Et le soir, dans la douceur de l’air, à l’apéro, nous apprécions un petit thon à la tahitienne, en regardant face à nous ces magnifiques couchers de soleil, flamboyant sur l’horizon si caractéristique des tropiques.

Moments inoubliables même si nous n’avons jamais réussi à voir en traversée le fameux rayon vert (nous le verrons cependant une fois dans un mouillage aux Antilles).

Inoubliable non plus le jour où, spi bloqué, nous avons été obligé d’aller débloquer la drisse en tête de mât dans une petite houle débutante.

Nous savons maintenant ce que l’on appelle le roulis pendulaire !

MERIDIEN 30°, nous changeons d’heure.

A bord nous sommes en heure UTC, que nous reculons à chaque méridien distant de 15°.

Par 17°37N – 30°50W, la température de l’eau atteint 26,1°C.

De juin à novembre nous serions sur une zone à hauts risques de tempête tropicale, voire de départ de perturbations cycloniques en route vers l’arc Antillais.

Et l’on ne peut s’empêcher de penser que cet océan majestueux, calme deviendra dans quelques mois une zone pas du tout fréquentable.

Pour l’instant l’alternance de bon vent et de pétole noire ne nous permet pas de progresser en ligne directe.

Ces périodes de calme, nous permettent d’observer, à 1000 milles de toute terre et têtes hors de l’eau, la progression de petites tortues tenaces et appliquées pour rejoindre leur plage d’origine. Courage les petites…

Les milles défilent cependant, de nombreux grains avec des vents à 30 nœuds nous permettent de faire des moyennes journalières convenables.

16°51N – 42°30W, plus de 3500 milles avalés depuis le départ ; l’arrivée se précise bien qu’il nous reste encore huit à dix jours de navigation

Grains sur grains, nuages bas, noirs, averses chaudes, nous sommes bien sous le tropique du Cancer.

La nuit, lors de la pleine lune, les gros nuages de pluie se découpent sur le fond blafard du ciel comme autant de sculptures fantomatiques ; l’eau noire qui défile sous le vent le long de la coque s’illumine fugacement lorsque la lune paraît. Celle-ci ne sourit pas et contribue à créer un environnement glacial autour du bateau, mais ce spectacle est magnifique; il ne manque plus que Wagner !

L’excitation de l’arrivée prochaine électrise l’équipage au point qu’il faudra faire preuve d’une certaine autorité pour faire diminuer la toile dans un vent portant musclé et les paris vont bon train sur l’heure d’arrivée.

Bientôt, après une semaine de navigation, arrive l’avant-dernier jour de mer. Position à 8h du matin : 16°25’17N – 58°48’95W ; il reste 120 milles avant la Désirade.

Grosse houle à l’approche du plateau continental, le fond passant de 2000-3000 mètres à 200 mètres.

Apres le passage de quelques déferlantes vicieuses dont l’une a secoué Kalina heureusement sans dommages, nous laissons la Désirade sur Tribord et glissons entre Petite Terre et Marie Galante ; le calme de la mer s’installe progressivement dans le canal.

Nous longeons la côte sud de la Grande terre et l’ilet Gosier apparaît. Dans le ciel évoluent les frégates noires et de gros pélicans prennent le soleil sur les barques de pêcheurs au mouillage.

Pas de doute, nous sommes arrivés, nous sommes en Guadeloupe !

Entrée dans la marina de Pointe-à-Pitre vers 18H30, la nuit tombe. Nous sommes attendus, les flashes crépitent dans la nuit, les amis sont là.

Tout le monde se retrouve autour du ti’ punch, accras de morue, boudin créole, rien que du classique pour une traversée, tout compte fait, sans problèmes.

Kalina qui est un bon bateau et qui nous a mené à bon port peut enfin souffler avant de se préparer à un nouveau départ…

Mais ceci est une autre histoire.

 

Voyage Marseille Venise

Rédigé par le 22 août 2014 dans Commissions, Croisières, Voyage des Sociètaires | 0 commentaire

VOYAGE MARSEILLE VENISE PRINTEMPS 2013

Pourquoi ? :

Tel un enfant trop gâté par la Corse, la Sardaigne et les Baléares,  j ai voulu découvrir avec ma compagne, de nouveaux horizons méditerranéens qui,  après étude, se sont résumés par   Grèce ou Croatie ?

Notre voilier « recovery » un  oceanis 42 cc aussi lourd que confortable m’engageait, une fois arrivé au pays de nos rêves, à devoir y rester plus d une saison, bien loin de Marseille et du Cntl

Ayant la chance de naviguer plus de 4 mois par an, il fallait également concilier transport facile  et hivernage agréable

Où ?

Se fut le bassin de navigation croate avec en son centre  Zadar reliée  à Marseille (1H30) et à Paris (2H) par raynair 

Et pour l hivernage, Venise  à 50 milles en face de la Croatie, reliée au monde entier et à 1H15 de Marseille par Air France

La botte italienne présente également l avantage  de faciliter la relève d’éventuels équipiers grâce à Easy jet au départ de Nice  pour Naples, Rome, Venise et grâce également à Ryanair  (Marseille-Rome puis Rome-Bari ou Brindisi)

Comment ?

Convoyage  au départ de Marseille début avril 2013, arrivée à Venise début juin avec flânerie le long de la cote croate, de Hvar à l’Istrie, en mai

 A Venise mise à sec,  en  juin et juillet suivit d un retour pour trois mois en Croatie jusqu’ à fin octobre. Recovery hiverne à Venise et depuis nous lui rendons visite tous les mois

Quelle meilleure excuse que des batteries qui se déchargent ou une vanne potentiellement mal fermée  pour retourner flâner avec  l annexe sur la lagune ou le grand canal

Le coté pratique : avitaillement, telecom

GSM la totalité des côtes croates et italiennes sont couvertes. Depuis l entrée en juillet dernier de la Croatie dans l Europe, les tarifs ont été divisés par 10

Les opérateurs sont en Italie Tim, Wind  Vodafone et en  Croatie  Vip

La 3 G : Pour moi meilleure qu’en France, surtout pour la Croatie ( VIP) où le système de crédit est facilité par l achat de ticket codé que vous pouvez obtenir à l avance pour les montants désirés. Vous trouverez en Italie Wind, Tim et Vodafone

L avitaillement : Plus difficile en Italie, surtout à partir de Naples jusqu’à Vieste, se sont en général de très petites boutiques avec des produits de base  comme pate, riz, huile farine, sucre …

Dans les grands ports italiens, chercher les enseignes comme Billa, coop.  Les bons  fruits sont assez rares

La Croatie avec les chaines Konsum  proposent de grande superettes avec du choix, mais les marché sont superbes, attention,  dans les petits ports si les tarifs ne sont pas affichés, c est qu’il y a deux prix: le « local » et le « touriste »

Les restaurants

En Italie : expérience peu prononcée, mais agréable : la pizza n est plus  à présenter elle facilite le choix, nous en avons même commandé à Rocella où l’unité de mesure était le mètre linéaire !.

En Croatie, par rapport au coût  de la vie, le restaurant touristique Croate est cher, mais comme tout est relatif, il est d environ 30% moins cher qu’en France, sauf étonnamment  le poisson  qui est prohibitif

Particularité croate :  les restaurants au bord de la mer qui en échange de votre repas vous offrent une place de mouillage sur pendille ou corps mort

La navigation, dans sa globalité :

Restent ancrés agréablement dans notre mémoire  les iles napolitaines, le passage du détroit de Messine, le ballet des dauphins, l’ensablement des ports du sud italien ainsi que la gentillesse de ses habitants malgré la pauvreté perçue.

Par contre demeure également la « rudesse » des croates pour rester courtois et ce système de « quasi racket » qui caractérise leurs mouillages

La côte italienne se prête globalement peu au mouillage, sauf les iles toscanes, les iles de Naples (mais pas la ville)

Plus au sud, l ensablement empêche de s approcher de l abri des côtes

Les tarifs des ports et mouillages croates sont prohibitifs et n n’ont rien à voir avec le coût de la vie croate. Des concessions de corps mort sont octroyés principalement à des cerbères, sur de vaste zone et souvent tout autour d une ile ou sur les seuls endroits de mouillage possible

Si vous mouillez, vous payez comme au corps mort, environ trente euros. Le prix moyen d un port, même sans intérêt, se situe pour un 42 pied vers 50 euros, mais il faut envisager plutôt 70 euros, voir plus d une centaine dans les ports comme Dubrovnik ou Split.

Pour s y retrouver dans  ce maquis de mouillage payant, le guide des 777 mouillages est utile, beaucoup plus que le site du ministère des transports croates, qui donne une succession de points GPS difficilement exploitable. Le guide Imray  est trop détaillé, moins pratique, surtout pour la Croatie où les noms sont difficiles à mémoriser.

Il faut savoir que la Croatie pour développer sa plaisance a favorisé les marinas « ACI » plus chères mais en général bien tenues. Parfois, sur le quai municipal d’en face  (ex Skradin), le tarif y est 30 % moins cher

Avec l habitude, l on parvient à trouver des mouillages corrects et gratuits.

S il est normal de devoir participer à l aménagement et à l entretien des structures, la manière et le montant sont fort déplaisants, ceci d autant plus que vous êtes loin de votre port d attache et que l hivernage en Croatie suit la même logique : tarif prohibitif sans possibilité de dialogue avec les employés croates qui sortent de 50 ans de communisme et 10 années de guerre. Rien à voir avec la gentillesse et la capacité d adaptation des italiens qui savent répondre à votre demande. Ce qui sauve les croates sont la proximité de clients aisés sans espace marin : suisse, allemand, autrichiens. Leurs 1100 iles également ….Cerise sur le gâteau, une taxe annuelle d environ 400 euros pour un 42 pied est demandée lors de la première entrée dans les eaux. L’entrée dans la CE devrait aboutir à sa suppression

La navigation en pratique :

Italienne : atterrissage à Elbe après un Marseille Calvi. La cote italienne NO présente de nombreux mouillages souvent dans des baies ou derrière des caps qui protègent des vents de terre. La baie de Naples et ses nombreuse iles offrent également de nombreux abris quelles que soient les conditions.

Après le sud de Rome, les fonds commencent à s ensabler à cause des tempêtes de SO et les cartes ne sont plus fiables, systématiquement après Régio di Calabre. Il est alors utile d’avoir un bloc côtier » azzuro » et/ou  de consulter google earth pour l’entrée d un port car l’ensablement n est pas signalisé localement.

L autre particularité du « dessous de la botte » est la fermeture quasi systématique des stations de carburant. Cela génère une noria de quidam qui a chaque entrée de port vous propose des bidons de GO ou essence. Si vous êtes à sec, négociez plutôt un accompagnement du remplissage de leurs bidons avec leur voiture.

La gentillesse des italiens du sud est d autant plus marquante qu’ils ne semblent pas avoir grand chose matériellement à partager. Et pourtant, toute demande de renseignement sur le supermarché le plus proche se terminera par un tour de voiture gracieux, difficile à refuser

L entrée et la navigation en Croatie  n’ont rien de spéciales, sinon  du coté administratif car  un port d entrée spécifique et direct est obligatoire, sous peine de se voir conduire au tribunal où vous écoperez d une amende. On trouve de nombreux témoignages sur Dubrovnik  et son abri naturel les bouches de Kotor

Avec ses 1100 iles, la navigation en Croatie est plutôt agréable à tout point de vue :

Géographiquement, le centre de la côte Croate ( à plus ou moins 50 miles N/S de Zadar) est formé d une multitude d’iles qui permettent toujours de s abriter sous le vent

Le sud de la cote présente de grandes iles (Hvar, Brac, Korcula) dont il est plus long de faire le tour afin de passer sous le vent

L Istrie, au nord n’ a pas d iles  et la protection en cas de vent marin n’est possible que dans les ports, sauf au sud de Pula

Les dangers sont biens indiqués et répertoriés ; par contre les cartes des traceurs sont imprécises sur les isomètres et il est difficile d anticiper la profondeur et donc la qualité du mouillage que l on trouvera

La météo en pratique :

Concernant les conditions météo, nous avons été chanceux : un mois de navigation de jour, 1150 milles soutenus par seulement 120 h de moteur, pas  de coup de vent venu de la mer. Par contre, les orages en mer adriatique sont soudains et très violents.

Le premier a porté l anémomètre en quelques minutes de 15 nœuds de face  à 60 nœuds à la cape, mais la mer n a pas eu  le temps de se former.

Par contre, le second, de nuit au mouillage a été terrifiant. Dès les premiers signes, il est préférable d avoir son mouillage prêt à être levé, car  en l’occurrence deux ancres empennelées avec 70 m de chaine et un  orin n ont pas été gage de tranquillité..

En Croatie les vents que nous avons rencontrés, de mai à septembre sont en général très réguliers, aussi bien en force que direction : ils se lèvent vers 11h, de nord et s arrêtent au coucher du soleil. Les vagues cessent une heure ou deux après

La bora petite sœur  de notre mistral à le même comportement, soufflant irrégulièrement de terre, mais de nord est. Elle est à redouter dans le canal de Velebit

Venise et la Marina « Vento di Venézia « 

Située en face de l’arsenal, sur l’ile de la Certosa la marina est très bien tenue et les postes sur catway. L’hivernage est idéal car très bien protégé des vents et il n y a aucune vague. La liaison avec Venise qui est à environ 400m se fait par vaporetto. L’annexe est à priori autorisée dans tous les canaux, sauf le grand canal. Seul serait interdit le stationnement. Par contre le canal de la Giudecca, en face de la place saint Marc est agité par les va et vient incessants des taxis, vaporetto, ferry, pompiers, ambulances… et l’annexe ne doit pas être trop petite ou chargée.

L été, la liaison se fait directement  avec l’aéroport en 30mn, le seul arrêt étant Murano. En hiver, c’ est un peu plus compliqué car un changement est à faire.

Les tarifs sont très corrects pour une longue durée, et même en période de pointe (65 euros, eau électricité en sus). Pour indication Sudoka, marina croate au milieu de nulle part est à 71 euros.

 

Journal de navigation Italie, escales les plus intéressantes

7 avril 2013, départ de Marseille

9 avril, atterrissage à Calvi, nuit au mouillage à Machinaggio, 47 nœuds de mistral

11 avril, atterrissage à Elbe après déblocage de l enrouleur de GV

13 avril Mouillage dans la jolie baie de  Porto San Stephano, haute presqu’ile

15 avril, dépose de mon équipier à Civitavecchia, les suivants seront à Naples

17 avril, beau mouillage dans la baie de Porto Santa Maria (rada di Gaeta)

18 avril cap sur Ischia,  deux hélicoptères de la Guarda civil, me survolent à une cinquantaine de mètre, en stationnaire. Impressionnant.

Après m avoir observé pendant une trentaine de minute  à la jumelle, sans réponse à mes appels interrogatifs sur le 16, ils s’éloignent.

En reprenant mes esprits, j ai pensé que c’est mon transpondeur Ais localisant un voilier français qui les avait attirés

Très beau mouillage  à Ischia, au pied du château Aragonais dont la digue fait un abri parfait

20 avril après 3 nuits à Ischia, direction Naples pour y  reprendre 2 équipiers. Il y a peu de possibilité de mouillage ou de port à Naples. Celui du château de l’œuf est superbe mais à plus de 100 e en avril. L autre, plus à l ouest ,à hauteur de Pozzuoli semble bien tenu, mais loin du centre, ce sera donc un nouveau mouillage  dans la ravissante baie à l aplomb de Posillipo

24 avril, le temps se gâte, la veille vent soutenu de terre avec une tornade à quelques centaines de mètres Après une dizaine de minutes, elle se désactive par le bas.. C est ma première, la seconde sera un mois plus tard en Croatie.

Nous avons passé la nuit au mouillage devant le port de Cetrano par 30 nœuds, de terre. Malgré deux ancres et 70 m de chaine, dérapage doux toute la nuit sur le sable. Le deuxième GPS, portable est très pratique, son alarme permet de savoir que l on dérive, mais aussi à quelle vitesse et où.

Lassés, nous levons l ancre, le vent forcit à 49 nds, très irrégulier en force et direction ; Nous passons plusieurs fois du moteurs aux ris. Cette zone correspond à la plus petite largeur de l’Italie 50 km entre les 2 cotes, d ou l’aérologie si particulière

25 avril Detroit de Messine !!! Vent 30 nds et courant de face, après une première tentative, nous nous abritons dans le port de Bagnara où l absence de vent et la tranquillité des locaux nous incitent à repartir

La seconde sera la bonne, mais à 2500 tours nous devrions faire du 7 nds et plafonnons à 1nd. Après 3 h de slalom entre les tourbillons, les ferries assurant la navette entre Italie et Sicile, nous voila à Régio di Calabre.

La profondeur du détroit et les émotions nous incitent à passer notre première nuit au port depuis le départ de Marseille.

Plus de 700 miles et 20 nuits au mouillage, sans arrêt dans un  port, ceci grâce au groupe et au dessalinisateur, le confort a du bon.

Regio n a aucun charme, 50 euros pour un port très sale, sans possibilité d’obtenir du carburant (durant les 100 milles suivants, toutes les stations seront fermées) Mais avec Messine, c’est le seul port de cette région, peu favorable aux mouillages

26 avril Début des problèmes d ensablement, l entrée vers 23 H dans le port de Roccella est surréaliste, avec un banc de sable brillant au clair de lune, en plein milieu de l entrée du port. C est un grand port, sans ville autour, à priori réalisé par les subventions européennes,  jamais terminé et gratuit.

27 avril Cap sur le port de Crotone, accompagné par des dauphins pendant plusieurs heures, qui se chamaillent pour profiter de la vague d étrave.

Le lendemain, nous faisons le plein de GO et heurtons en sortant notre premier banc de sable. Pour info, ne pas chercher à reculer, la pointe  arrière de la quille s y opposera, utiliser le propulseur pour faire 180 ° et profiter alors de l’arrondi du bulbe et du chemin initial

28 avril Crotone à Santa Maria di Lucia,

 70 miles à 7nds de moyenne, arrivée de nuit classique : touché un banc de sable malgré les yeux rivés sur le sondeur et les deux GPS.Uun pécheur nous remet dans le droit chemin. Lors de la manœuvre de prise de place, l’hélice se prend dans une pendille : Le port est tellement ensablé qu’une pendille tendue n’est pas loin de la surface, même 15 m à l’avant d’un bateau à quai.

Surprise le lendemain pour dégager la pendille : le port est infesté de méduse ressemblant à d énorme vers de plusieurs mètre de long. Tarif du port 18 e

29 avril Ostende : enfin  un port avec de l’eau sous la quille, et ce pour 20 e !

30 Avril Brindisi, premier grand port de l adriatique, tout au fond d’un grand complexe pas de mouillage possible . Tarif 43 e pour le club « léga navale » 27 pour le quai en face, coté ville .Aéroport international

3 Mai Port de Monopoly, amarrage de nuit le long de la jetée, gentillesse des habitants

5 mai Bari, très laid, aéroport international, centre camping gaz. Tarif 45 e

6 mai Trany Ravissant port touristique, très animé, mérite une visite

7 mai Vieste, dernier port italien avant la traversée de 70  miles vers la Croatie. Premier orage de l’adriatique : le vent passe de 10 à 70 nds en quelques minutes, heureusement la mer n a pas eu le temps de se lever

8 mai Traversée pour la Croatie, arrivée sur l ile de Lastovo où nous ferons les formalités d’entrée.

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